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Les travaux de mon équipe se sont penchés sur les caractéristiques de ces travailleurs post-retraite et 

leurs motivations. Nous avons conduit une recherche auprès de 93 retraités québécois, à la fois 

quantitative, en ligne, puis qualitative, par entrevues. 

Des gens instruits et satisfaits 

Tant les hommes que les femmes ont démontré de hauts degrés de satisfaction envers leur emploi et 

leur carrière. Les hommes sont toutefois plus enthousiastes que les femmes, pour la plus grande 

partie des énoncés. 

Par exemple, 62 pour cent d’entre eux étaient globalement satisfaits de leur emploi avant la retraite, 

contre le tiers des femmes. Ils sont moins nombreux qu’elles à penser quitter leur emploi. 

Nos résultats montrent aussi que les hommes accordent plus d’importance au travail que les femmes. 

Il s’agit d’une valeur importante aux yeux de ces dernières, mais près de 19 % d’entre elles estiment 

que le travail ne constitue qu’une petite partie de la vie d’un individu, contre seulement 5,1 % des 

hommes. Aucune femme ne croit par ailleurs que les objectifs personnels d’un individu devraient être 

de nature professionnelle, contre 10,2 % des hommes. 

Par ailleurs, le travail et la profession représentent une grande source de fierté et d’estime de soi tant 

pour les hommes (41 pour cent) que les femmes (30 pour cent). Le travail est cependant davantage 

une source d’interaction sociale pour les hommes et il les empêche de se sentir seul (56,4 % contre 37 

Les répondants ont aussi une haute estime d’eux-mêmes et de leurs capacités professionnelles. Ils se 

disent aussi en santé, ce qui permet plus facilement d’envisager le retour en emploi. 

Pas pour l’argent 

Pourquoi retournent-ils travailler? 

Les considérations financières sont loin d’être leur principale motivation. Seulement 37 % des femmes 

et 31 % des hommes l’invoquent. Le facteur le plus déterminant? S’être fait offrir un emploi 

intéressant. Les hommes recherchent un défi et désirent apporter une contribution. Bon nombre 

continuent de travailler pour se tenir occupés (59 %), davantage que les femmes (31,5 %). Peu 

mentionnent être retournés en emploi parce qu’ils n’aimaient pas la retraite. 

D’autres études montrent qu’une partie des travailleurs vieillissants – surtout les 65 ans et plus, soit 

au-delà de l’âge « normal » de la retraite – optent pour le travail autonome, qu’ils aient été ou non 

travailleurs autonomes durant leur carrière. 

La proportion de travailleurs autonomes augmente en effet de manière frappante avec l’âge et devient 

une option intéressante par rapport au travail à temps partiel. 

Mentionnons quelques limites de cette recherche, notamment l’échantillonnage réduit. Cependant, 

comme le sujet est relativement nouveau, l’étude apporte tout de même des données intéressantes. 

L’État doit prendre acte et agir 

 Ces résultats permettent de mieux cerner le profil de ces travailleurs post-retraite. Ce sont 

majoritairement des cols blancs, qui ont un niveau d’éducation et de salaires relativement élevés. Ils 

ont une perception globalement positive de leur situation financière. 

Ce n’est pas la réalité de tous les travailleurs vieillissants québécois, tant s’en faut : des sondages des 

institutions bancaires indiquent qu’un bon pourcentage (environ 40 %) des personnes retournant à 

l’emploi après la retraite le font pour des motifs financiers. Notre étude montre que d’autres motifs 

que l’argent incitent certains à continuer de travailler après la retraite et de fait, ils seraient 

majoritaires. 

Un plus grand nombre seraient motivés à retourner travailler si les entreprises favorisaient davantage 

la conciliation emploi-retraite, par des mesures d’aménagement du temps de travail notamment. Des 

programmes publics pourraient d’ailleurs favoriser cette meilleure conciliation. 

Il faut par contre prendre garde au risque d’accroissement des inégalités. Si la tendance des 

travailleurs qui prennent leur retraite plus tard, ou retournent au travail, venait à s’instituer, quelles 

seraient les conséquences pour les personnes en moins bonne santé ou simplement celles qui n’ont 

plus aucune motivation à travailler ? 

Ce questionnement nuance l’idée que le travail après la retraite soit un modèle pour tous. Pour 

l’instant, le phénomène est encore marginal, mais sa croissance continue depuis quelques années 

nous pousse à nous y intéresser. 

L’État ne devrait pas tenter de prolonger l’activité des personnes par un décalage de l’âge « normal » 

de la retraite de 65 à 67 ans, mais plutôt chercher dans les conditions de travail les motifs de départ et 

tenter de corriger ces éléments. 

Cela pourrait se faire par l’introduction de plus de flexibilité au travail, dans les horaires, ou par le 

télétravail. Ces conditions n’existent pas dans tous les milieux de travail, mais elles ont été 

mentionnées comme intéressantes pour prolonger l’activité dans les commentaires que nous avons 

reçus. 

D’autres travaux confirment cet intérêt des salariés pour une plus grande flexibilité du travail en fin 

de carrière . Aussi, le fait d’offrir des programmes publics permettant de concilier travail et retraite, 

ou encore des conditions fiscales plus avantageuses pourrait favoriser le maintien, tout comme le 

retour en emploi. 

Les politiques publiques pourraient s’intéresser davantage au stress au travail, à l’épuisement 

professionnel et aux raisons pour quitter le marché du travail afin d’offrir les conditions qui favorisent 

la poursuite de la carrière. 

Ce sont là autant d’avenues à envisager dans un contexte où l’État souhaite prolonger la vie active, 

mais sans nécessairement prendre en compte les conditions de travail tout au long de la vie. 

Source: theconversation.com